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Protéger sans transformer son salon en bunker

Zigbee, Z-Wave, Matter : trois façons de ne pas se parler

Avatar de Gaël Tourneur

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Une ampoule Zigbee ne parle pas à une prise Z-Wave. C’est la première chose à savoir avant d’acheter le moindre objet connecté pour la maison : ces protocoles radio, conçus pour des usages proches, ne communiquent pas nativement entre eux. Le choix se fait donc une fois, tôt, et il engage toute une installation.

Zigbee, le plus répandu chez les fabricants grand public

Le Zigbee équipe la majorité des écosystèmes vendus en grande surface de bricolage : ampoules, prises, capteurs de mouvement, têtes thermostatiques. Sa force tient à sa diffusion : de nombreuses marques différentes l’utilisent, ce qui donne un grand choix d’appareils compatibles entre eux, à condition de rester dans l’univers Zigbee. Sa portée reste modeste appareil par appareil, mais chaque objet alimenté sur secteur agit comme un relais pour les suivants, ce qui étend le réseau à mesure que l’installation grandit.

Z-Wave, pensé pour la fiabilité plus que pour le volume

Le Z-Wave vise un public plus restreint mais reste très présent dans les systèmes d’alarme et de contrôle d’accès, où la fiabilité de la transmission compte davantage que le nombre de références disponibles. Il fonctionne sur une bande de fréquence différente du Wi-Fi et du Zigbee, ce qui limite les interférences dans un logement déjà saturé d’appareils sans fil. En contrepartie, le choix d’appareils compatibles est plus restreint, et les prix sont en général supérieurs à leurs équivalents Zigbee.

Matter, le protocole qui promet de réconcilier les deux

Le Matter est une norme plus récente, portée conjointement par plusieurs grands noms de l’électronique grand public réunis au sein de la Connectivity Standards Alliance, elle-même issue de l’ancienne alliance Zigbee. Son objectif affiché est de faire communiquer entre eux des appareils qui, jusque-là, restaient chacun dans leur écosystème fermé. Dans les faits, Matter s’appuie souvent sur les mêmes couches radio que Zigbee ou le Wi-Fi : ce n’est pas un quatrième réseau physique, plutôt une couche de compatibilité qui permet à des appareils de marques différentes de se comprendre, sous réserve que chacun l’intègre réellement. La fiche consacrée au standard Matter sur Wikipédia retrace son origine et les acteurs qui l’ont initié.

Le vrai choix se joue au moment de la passerelle

Aucun de ces trois protocoles ne s’utilise seul : chacun a besoin d’une passerelle — souvent appelée hub ou box domotique — pour traduire ses échanges radio vers le réseau Wi-Fi de la maison et, de là, vers une application. C’est ce boîtier, plus que l’ampoule ou la prise achetée en premier, qui détermine ce que l’installation pourra accueillir dans les années suivantes. Une passerelle qui ne parle que Zigbee ferme la porte aux appareils Z-Wave, quelle que soit leur qualité. Une passerelle multiprotocole, plus chère à l’achat, évite d’avoir à tout remplacer le jour où un appareil intéressant n’existe que dans un autre protocole.

Ce que change un changement de fabricant en cours de route

Un des pièges les plus fréquents survient quand une marque, séduisante au moment du premier achat, disparaît du marché ou change de stratégie quelques années plus tard. Si les appareils déjà installés parlent un protocole standard comme Zigbee ou Z-Wave, la passerelle continue en général de les piloter, même sans suivi du fabricant d’origine : le protocole ne dépend pas de la survie de la marque. À l’inverse, un système propriétaire, qui n’utilise ni Zigbee, ni Z-Wave, ni Matter, mais un protocole fermé propre au fabricant, expose davantage : si l’entreprise cesse son activité ou ferme ses serveurs, les appareils concernés peuvent perdre une partie de leurs fonctions, parfois toutes.

C’est un critère à vérifier avant l’achat, au même titre que le prix ou le design : un appareil qui annonce sa compatibilité Zigbee, Z-Wave ou Matter reste pilotable par une passerelle standard, indépendamment de l’avenir commercial de la marque qui l’a vendu.

Penser à l’installation dans son ensemble, pas objet par objet

La question à se poser avant le premier achat n’est donc pas « quelle marque d’ampoule choisir », mais « quelle passerelle pourra accueillir ce que j’ajouterai plus tard ». Un détecteur d’ouverture Zigbee acheté isolément fonctionnera très bien seul, mais viendra compliquer une future installation d’alarme pensée sur un autre protocole. Ce type d’arbitrage rejoint les choix qui se posent en amont, avant même de parler de domotique, du côté de la sécurité des accès : nous les détaillons dans notre rubrique sécurité de la maison.


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