Maison & Sécurité

Protéger sans transformer son salon en bunker

Un objet connecté sans mise à jour devient une porte ouverte

Avatar de Gaël Tourneur

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Une caméra intérieure achetée quelques années plus tôt continue souvent de filmer très correctement, longtemps après que son fabricant a cessé de s’en occuper. C’est justement ce qui rend le problème difficile à repérer : rien, à l’image, ne signale qu’un appareil connecté a cessé de recevoir des mises à jour.

Le firmware, la partie qu’on ne voit jamais

Chaque objet connecté embarque un petit logiciel interne, le firmware, qui gère son fonctionnement et sa communication avec le réseau domestique. Comme n’importe quel logiciel, il peut contenir des failles découvertes après la commercialisation de l’appareil. Tant que le fabricant publie des mises à jour, ces failles se referment au fil du temps. Le jour où les mises à jour s’arrêtent, l’appareil garde les failles déjà connues, et personne ne viendra plus les corriger.

Une durée de support rarement annoncée clairement

Contrairement à un smartphone, dont la durée de mise à jour est de plus en plus souvent précisée à l’achat, la majorité des objets connectés pour la maison — prises, ampoules, petites caméras — ne communiquent aucune date de fin de support. L’appareil continue de fonctionner normalement pendant des années, ce qui donne l’impression trompeuse qu’il reste à jour, alors que son fabricant a pu cesser toute maintenance depuis longtemps, parfois même après l’arrêt de commercialisation du modèle.

Un appareil abandonné n’arrête jamais tout seul

C’est là le piège principal : un objet connecté abandonné par son fabricant ne s’éteint pas, ne perd pas ses fonctions et n’affiche aucun message d’alerte. Il reste branché, connecté au réseau Wi-Fi de la maison, et continue d’y avoir accès exactement comme au premier jour. La seule différence, invisible depuis l’application, est qu’il n’est plus protégé contre les failles découvertes après son dernier firmware.

Un objet ancien n’est pas forcément un objet à jeter

Arrêter les mises à jour ne rend pas un appareil dangereux du jour au lendemain : le risque grandit progressivement, à mesure que de nouvelles failles sont découvertes ailleurs, sur des appareils similaires, sans être corrigées sur le modèle abandonné. Un objet ancien peut continuer à rendre service, à condition d’ajuster son usage : le déplacer vers une fonction moins sensible, limiter ce à quoi il a accès sur le réseau domestique, ou simplement accepter qu’il ne pilote plus rien d’important une fois son support arrêté.

Quelques réflexes simples avant que ça ne devienne un problème

Vérifier de temps en temps, dans l’application du fabricant, si une mise à jour est disponible reste le geste le plus simple. Cybermalveillance.gouv.fr recommande d’ailleurs d’activer les mises à jour automatiques quand l’appareil le permet, plutôt que de compter sur une vérification manuelle régulière. Pour un appareil ancien qui ne propose plus aucune mise à jour depuis longtemps, mieux vaut aussi vérifier s’il donne accès à d’autres éléments du réseau domestique — un compte, un mot de passe partagé avec d’autres appareils — et isoler ce risque plutôt que de l’ignorer.

Cette vigilance sur les accès rejoint des principes plus larges sur la protection des comptes en ligne, que nous détaillons dans notre rubrique informatique et données.

Un dernier réflexe, simple à prendre au moment de l’achat plutôt qu’après coup : regarder si le fabricant communique, même brièvement, sur la durée pendant laquelle il compte assurer le suivi logiciel de son appareil. Cette information reste rare, mais quand elle existe, elle en dit souvent plus long sur le sérieux du fabricant que la liste des fonctions annoncées sur l’emballage.


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