Maison & Sécurité

Protéger sans transformer son salon en bunker

Une adresse mail piratée se reprend dans cet ordre

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Une boîte mail piratée n’est jamais un simple désagrément : c’est le compte qui sert à réinitialiser tous les autres. Reprendre la main vite est important, mais dans le désordre, cela ne sert à rien — l’erreur classique consiste à changer le mot de passe en premier, en laissant en place ce que l’attaquant a discrètement configuré pour revenir malgré tout.

Les six gestes, dans l’ordre

  1. Vérifier les règles de redirection et de transfert automatique. C’est la première chose à ouvrir, avant même de toucher au mot de passe : un intrus qui a un accès temporaire crée souvent une règle qui copie discrètement chaque message reçu vers une adresse extérieure, ou une redirection totale de la boîte. Supprimer une règle inconnue avant de changer le mot de passe évite qu’elle continue de fonctionner après coup.
  2. Regarder les appareils et sessions connectés. La plupart des messageries listent les connexions actives par appareil et par lieu. Une session inconnue, ouverte depuis un endroit où vous n’êtes jamais allé, se déconnecte à distance depuis ce même écran.
  3. Changer le mot de passe, une fois les deux points précédents nettoyés. Un mot de passe long, différent de celui utilisé ailleurs, ferme la porte que l’attaquant vient d’emprunter.
  4. Activer l’authentification à deux facteurs si ce n’était pas déjà fait, avec une application dédiée plutôt qu’un SMS quand le service le permet — un choix que nous détaillons dans notre article sur la double authentification.
  5. Vérifier les informations de récupération. Adresse mail de secours, numéro de téléphone associé : un intrus qui a pris le temps de s’installer les modifie parfois pour garder une porte de derrière, même une fois le mot de passe changé.
  6. Prévenir les contacts proches si des messages suspects sont partis en votre nom, notamment ceux qui demandent de l’argent ou un service urgent : c’est souvent le seul signe visible de l’extérieur que la boîte a été compromise.

Les applications tierces, un point souvent oublié

Beaucoup de messageries permettent de connecter des applications ou des services extérieurs, qui accèdent alors à la boîte sans redemander le mot de passe à chaque usage : un agenda partagé, un gestionnaire de contacts, un service qui synchronise les mails vers un autre outil. La liste de ces autorisations se trouve dans les paramètres de sécurité du compte, sous un intitulé du type « applications connectées » ou « accès des applications tierces ». Une application inconnue, ou une application légitime que vous n’utilisez plus, garde parfois un accès actif bien après le changement de mot de passe : la retirer fait partie du nettoyage, au même titre que la règle de redirection repérée en premier.

Le carnet d’adresses mérite aussi un coup d’œil : un intrus installé quelques jours ajoute parfois un contact qui reçoit une copie discrète de certains échanges, sans jamais apparaître dans une conversation visible. Un nom inconnu dans la liste de contacts, ou une adresse à l’orthographe presque correcte d’un contact existant, sont deux signaux à ne pas laisser passer.

Pourquoi l’ordre change tout

Changer le mot de passe sans vérifier les règles de redirection donne un faux sentiment de sécurité : le compte semble repris, mais une copie silencieuse des messages continue de partir vers l’extérieur, y compris les mails de réinitialisation d’autres comptes qui transitent par cette boîte. C’est cette règle discrète, plus que le mot de passe lui-même, qui explique pourquoi certaines personnes ont l’impression d’être piratées « plusieurs fois de suite ».

Le site cybermalveillance.gouv.fr propose un diagnostic en ligne et des fiches réflexes pour les comptes de messagerie compromis, utiles pour vérifier qu’aucune étape n’a été oubliée.

Une fois la boîte assainie, le même contrôle mérite d’être fait sur les autres comptes reliés à cette adresse mail : réseaux sociaux, espace bancaire, ou encore les objets connectés du logement qui s’administrent parfois depuis un compte en ligne — un sujet que nous abordons dans notre rubrique maison connectée.


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